Tchad: le gouvernement tente de faire face à la grave pénurie de carburant

General view in N'djamena on April 21, 2021. - In the aftermath of the death of Chad president Idriss Deby Itno, who ruled the poor Sahel country with an iron fist for three decades, his 37-year-old son Mahamat Idriss Deby has quickly emerged as the new strongman. On April 20, 2021 Mahamat immediately took charge of a transitional military council, appointing 14 of the most trusted generals to run Chad until "free and democratic" elections promised in 18 months' time. (Photo by Djimet WICHE / AFP)

Une opération de maintenance de l’unique raffinerie du pays qui a commencé il y a plus d’un mois serait en cause dans cette pénurie. Les autorités tentent de répondre à cette situation, mais sans succès pour le moment. 

De longues files d’attente se sont formées devant les stations-services de Ndjamena, où l’on voit des motocyclistes obligés de pousser leurs engins faute de carburant. L’annonce de l’arrivée de citernes n’y change rien et la population est exaspérée.

« Aujourd’hui, cela fait dix jours que je n’ai pas de carburant », raconte l’un d’entre eux. « Cela joue également sur notre salaire, parce que là, ce sont des imprévus. Déjà, tu achètes le carburant à 3 000 francs CFA [4,50 euros le litre, ndlr], tu dois acheter deux ou trois « tanguis » [petit jerrican, ndlr] et c’est la popote des enfants », s’en désole un autre.

« Avec 500 francs CFA, je peux prendre une moto pour aller faire mes activités. Mais là actuellement, il me faut minimum 2 000 francs CFA pour juste bouger », s’indigne un troisième motocycliste.

Spéculation

Pour le ministre des Hydrocarbures et de l’Énergie Djerassem le Bemadjiel, l’opération de maintenance de la raffinerie de Djarmaya n’est pas la seule en cause. Il pointe le problème d’acheminement du carburant : « Pour qu’il y ait une continuité, il ne faut pas qu’il y ait un arrêt de quelque citerne que ce soit. Pour des raisons qu’on ignore, ils s’arrangent à s’arrêter, explique le ministre. Justement, il y a une investigation en cours pour déterminer les raisons pour lesquelles les chauffeurs se sont arrêtés. Chaque citerne est escortée jusqu’à la destination. Il y a aussi des commerçants qui ont du carburant encore, mais qui disent que c’est fini. À la fin, on va demander des comptes à chacun. »

Profitant de la situation, des revendeurs de carburant spéculent pour faire monter les prix. Dans la rue cette semaine, le litre d’essence pouvait atteindre 2 000 francs CFA (3 euros) contre 525 francs CFA (0,79 euro) d’ordinaire.

Le ministre annonce que la vente de carburant dans des bidons est désormais interdite.

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