Les voeux d’Alpha Condé, exilé en Turquie, ne passent pas inaperçus en Guinée

(FILES) In this file photograph taken on February 10, 2020, Guinea's President Alpha Conde (C), gestures as he arrives at The African Union Headquarters in Addis Ababa, during the 33rd Ordinary Session of the Assembly of the African heads of States. - Guinea's ruling party on August 31 confirmed months of speculation that President Alpha Conde will seek a third term in office, a possibility that had already sparked deadly mass protests. The news came after the 82-year-old president pushed through a constitutional reform in March that critics had already argued was a ploy to allow him to run for office again in the October 18 election. (Photo by Michael TEWELDE / AFP)

À l’occasion du Nouvel an, l’ancien président s’est adressé à la nation et à ses militants. L’ex-chef d’État emprunte un ton particulièrement virulent envers son successeur, le colonel Mamadi Doumbouya, qui l’a renversé il y a un peu plus de deux ans.

Alpha Condé a écrit deux lettres de voeux pour le Nouvel an. Dans la première, destinée à la nation guinéenne, il s’attaque violemment au président Mamadi Doumbouya. Il le qualifie d’« ancien légionnaire français et sa bande », en référence à la junte du CNRD, le jugeant « incapable de satisfaire les besoins les plus ordinaires » de la population guinéenne, et coupable d’avoir supprimé « les libertés les plus élémentaires » !

La seconde lettre, adressée aux militants du RPG, sonne comme un appel à la mobilisation : « Vous êtes nombreux à réclamer mon retour (…). Je m’engage à être à vos côtés pour défendre notre République », écrit l’ex-président.

Saloum Cissé, secrétaire général du RPG, réagit : « La stratégie du parti d’abord est l’organisation endogène, et cette organisation est observée. De la cellule de base jusqu’au niveau du comité central, la motivation est générale pour que le professeur revienne. C’est notre sollicitude majeure. »

Pour le politologue Kabinet Fofana, Alpha Condé surfe sur le contexte actuel de restriction des libertés en Guinée, mais reste perçu comme le premier responsable de la situation : « Il essaie de naviguer sur le contexte de restrictions des médias, des réseaux sociaux, de l’internet. Oui, ça peut être perçu comme une forme de retour, mais pour beaucoup de gens, il reste quelqu’un qui a été à la base de tout ça avec le troisième mandat, qui a été la justification brandie par les militaires pour prendre le pouvoir. »

L’ancien président prévoit d’envoyer prochainement des émissaires chez les autres partis politiques, pour élaborer une stratégie commune.

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